Oiseau mange insectes
Extraits du "Langage des oiseaux" Attâr

Excuses d’un dixième oiseau

Un autre oiseau dit à la huppe :

« Je crains la mort ; or cette vallée est lointaine, et je suis dépourvu du moindre viatique.
J’ai une telle appréhension de la mort, que je perdrai la vie à la première station.
Quand bien même je serais un émir puissant, lorsque l’heure de ma mort (ijul) arrivera, je n’en devrai pas moins tristement mourir.
Celui qui voudrait repousser la mort l’épée à la main aurait la main brisée comme un calame : car, hélas de la force qui se produit par la main et par l’épée il ne résulte que douleur. »

La huppe répondit à cet oiseau :
« 0 toi qui es faible et impuissant !
veux-tu rester une simple charpente formée de quelques os munis de moelle ?
Ne sais-tu pas que la vie, longue ou courte, ne se compose que de quelques respirations ?
Ne comprends-tu pas que quiconque naît meurt, qu’il va en terre et que le vent disperse les éléments qui constituaient son corps ?
Tu as été nourri pour mourir,
tu as été apporté (en ce monde) pour en être emporté.
Le ciel est comme un plat dessus et qui dessous est submergé chaque soir dans le sang par l’effet du crépuscule.
On dirait que le soleil, armé d’un sabre, est chargé de trancher toutes les têtes qui sont sous ce plat.

Que tu sois pur ou impur, tu n’es qu’une goutte d’eau pétrie avec de la terre.
Comment voudrais-tu disputer à l’Océan cette goutte d’eau qui n’est absolument que douleur ?
Quand même pendant toute la vie tu aurais commandé dans le monde, tu rendras ton âme dans l’affliction et les gémissements. »

Moucharabieh
Oiseau la huppe
Textographie Simorg
Textographie Simorg
Voliere du Simorg